Partager l'article ! Les chauffeurs de bus de Varsovie sont-ils des enflures ?: A Varsovie, il semble qu’une catégorie de gens se soient ligués, il y a fort l ...
A Varsovie, il semble qu’une catégorie de gens se soient ligués, il y a fort longtemps, pour faire subir aux Varsoviens toutes sortes de moqueries et d’humiliation. Ces gens-la n’ont ni foi ni loi, ils n’épargnent personne, ne font de cadeaux à personne. En deux mots, ils n’ont pas de coeur. Je veux bien entendu parler des chauffeurs de bus et de trams de Varsovie.
Métro Ratusz Arsenal, lundi 6 septembre, 7h45. Une vieille dame monte péniblement les marches du métro avec sa canne. Elle reprend son souffle et voit alors que son bus, qui passe toutes les demi-heures, est là. A la perspective de le rater et de devoir passer trentes minutes dans le froid (oui, il fait déjà froid à Varsovie), elle se dépêche, elle remet en marche la mécanique rouillée de son vieux corps, elle part, elle s’évertue, elle se hâte avec lenteur. Dans son rétroviseur, le chauffeur l’observe, tête baissée et regard noir. Encore trois mètres... la vieille dame souffle et met sa canne sur le marche-pied, pensant que la victoire lui tend les mains. Las, les portes lui claquent au nez. Mais le chauffeur pousse le vice jusqu’à ne pas démarrer tout de suite... cela laisse le temps à la vieille dame de toquer de sa canne à la vitre, et de faire des signes au chauffeur. A l’intérieur, les passagers sont atérés. Ils connaissent cette scène par coeur, pour l’avoir déjà mille fois vécue. Et c’est ce moment-là que le bus choisit pour démarrer en trombe, laissant notre septagénaire et sa canne à bout caoutchouté en plan. Cette scène est, hélas, très courante. Au moins les chauffeurs ne semblent-ils pas exercer de discrimination : étudiant en retard en cours, jeune homme d’affaires ayant une réunion importante, mère de famille débordée avec sa poussette et ses deux enfants : tout le monde y passe, sans distinction !
Mais revenons à notre bus, et aux heureux passagers qui ont réussi, au prix d’une course effrénée, à prendre le satané transport en commun. Vous croyez qu’ils sont tirés d’affaire ? Pas du tout ! Le plus dur reste à faire : rester debout. Parce que bien souvent, le chauffeur se prend pour un pilote. Et vas-y que j’te coupe la route, et que j’accélère au feu orange, et que je freine brusquement. A chaque fois c’est inévitable : les malheureux qui ont oublié de se cramponner aux barres d’aluminium sont projetés comme des boules dans un flipper. Et bing, la tête contre la vitre, et bam, le dentier sur le dossier du passager avant – compte double -. A croire que les chauffeurs se lancent des défis entre eux : « avis à tous les chauffeurs de bus, ici Tomek, j’ai fait tomber 3 vieilles d’un coup » - « ici Bartek, moi je viens de faire tomber 5 gamins dont 3 petites filles ».
Les chauffeurs de trams, quant a eux, aiment penser qu'ils sont des manèges à sensation. Monter dans un tram, c'est monter dans le grand 8, sensations garanties. Les chauffeurs de tram, en tout cas, n'aiment pas les voitures qui empiètent sur leurs rails. Ils se font un devoir de le leur faire savoir, avec force klaxons et freinages brusques.
Les chauffeurs de bus et de trams varsoviens prennent un malin plaisir, semble-t-il, a multiplier les petites vexations envers les usagers. Sans doute pour se venger d’avoir un travail qu’ils n’aiment pas ? Ultime exemple. Un arrêt de bus à Praga. Une vingtaine de gens attendent sous l’abribus, pour se protéger d’une pluie battante, tandis que le panneau des arrêts est situé un peu plus loin. Le bus arrive : va-t-il s’arrêter là où les gens sont massés, où bien au panneau ? Réponse : au panneau (et même un peu plus loin, s’il est vicieux, ce qui est souvent le cas). Forçant toute la petite troupe à courir.
Pour ma part, j'ai choisi la tactique de l'ignorance : si je vois qu'un chauffeur de bus m'a vu, je me force à marcher le plus lentement possible et à ignorer ce dernier. Tu crois que je vais courir pour toi, Duschnok ?
Alors, les chauffeurs de bus et de trams de Varsovie sont-ils des enflures ? Je n'ai plus peur de pousser ce cri libérateur : OUI ! Vous croyez que j’exagère ? Que je fais du mauvais esprit ? Bon… peut-être un peu… quoique…à peine…en attendant, prenez le bus et le tram à Varsovie, et on en reparlera.
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
Merci pour ces lignes si vraies et si drôles, mêmes si elles ne devraient pas l'être...
En tout je confirme pour les chauffeurs de transports municipaux. ah sacrée Pologne :)